| Finissons en d'abord avec
cette pétition de principe. L'investissement immobilier n'est
pas réservé aux seuls contribuables fortunés.
Et s'il est vrai que les incitations fiscales ont d'abord été
utilisées pour encourager la rénovation et la conservation
des monuments historiques coûteux et peu rentables, de nouvelles
voies sont aujourd'hui définies et sont accessibles aux plus
communs des contribuables.
Avec le dispositif BESSON
par exemple et la mise en place du statut de bailleur social,
la défiscalisation immobilière devient largement
accessible. Ce dispositif permet d'économiser des impôts,
de se constituer un capital, offre immédiatement une rente
(qui emprunte la forme des loyers perçus) et accessoirement,
apporte une solution au problème de la toujours angoissante
question des retraites...
Quoi qu'il en soit,
techniquement, la défiscalisation consiste à réduire
les conséquences pécuniaires d'investissements réalisés
par les contribuables dans les secteurs que le gouvernement entend
privilégier. Lorsque l'investissement n'est pas immédiatement
rentable et crée un déficit dans les revenu de l'investisseur,
le fisc en tient compte en accordant une réduction d'impôts.
Actuellement, dans le cas le plus général, les déficits
fonciers sont déductibles du revenu global dans la limite
annuelle de 70 000 F. Le dispositif Besson repose sur cette mécanique
mais s'applique aux investissements réalisés dans
le secteur locatif intermédiaire. Le dispositif Malraux
permet aux propriétaires d'un immeuble situé dans
un secteur éligible d'imputer le déficit foncier
résultant des dépenses de restauration immobilière
sur le revenu global, et ce, sans aucun plafond. Quant aux mesures
concernant les monuments historiques elles permettent aux propriétaires
d'imputer les déficits fonciers liés à la
rénovation du bien et à son exploitation sur le
revenu global. L'acquisition d'un logement neuf dans les DOM-TOM
ouvre droit, sous certaines conditions, à un réduction
d'impôt sur le revenu de 25% du prix de revient de l'acquisition
ou de la construction, dans la limite de 10 000 frs du mètre
carré habitable. Enfin, pour ceux qui sont prêts
à franchir le pas, existe le statut de loueur en meublé
professionnel. Les déficits d'exploitation créés
dans la catégorie des Bénéfices Industriels
et Commerciaux sont imputables sur le revenu global.
La défiscalisation :
comment ça marche ?
En dehors de tout dispositif
fiscal d'incitation à l'investissement immobilier, les
contribuables propriétaires qui subissent une perte du
fait de l'immeuble qu'ils louent, bénéficient des
mesures fiscales prévues dans ce cas. Les déficits
qui résultent de dépenses payées par le propriétaire
et qui ne résultent pas du remboursement des intérêts
des emprunts sont déductibles du revenu global dans la
limite annuelle de 70 000 F. Lorsque le déficit dépasse
cette limite, il est reporté sur les revenus fonciers des
10 années suivantes. Par ailleurs, lorsque le revenu global
du contribuable ne permet pas d'imputer le déficit foncier
(limité à 70 000 F), celui-ci s'impute sur les revenus
globaux des 5 années suivantes. Signalons que la part du
déficit qui résulte des intérêts d'emprunts
n'est imputable que sur les revenus fonciers, pendant 10 ans.
Pour bénéficier
de ce dispositif, le logement doit être loué de façon
effective et permanente jusqu'au 31 décembre de la 3ème
année qui suit l'imputation du déficit. Ces dispositions
ne s'appliquent pas dans le cadre des dispositions Malraux et
des monuments historiques. Ce système présente l'avantage
de la souplesse. Le délai de conservation du bien est limité
à 4 ans et les dépenses de rénovation sont
avantageusement déductibles sur les revenus fonciers ultérieurs.
Enfin, dans ce cadre dit de droit commun, les revenus fonciers
bénéficient d'une réduction forfaitaire égale
à 14 %.
La Loi BESSON
Depuis le 1er janvier
1999, le dispositif Besson d'incitation fiscale à l'investissement
immobilier a remplacé l'amortissement Périssol.
Avec cette mesure, le gouvernement incite les contribuables à
investir dans un habitat intermédiaire entre haut de gamme
et niveau modeste. Pour ce faire, des avantages fiscaux sont accordés
aux propriétaires qui acceptent de louer vides, à
des locataires dont les ressources ne dépassent certains
plafonds. En outre, le montant des loyers doit être inférieur
à des limites définies. Ce dispositif est prévu
pour s'appliquer le plus largement possible, puisque les conditions
de ressources des locataires sont censées être remplies
par 80 % de la population française. Enfin, un volet de
sécurisation pour les bailleurs consistant en une garantie
contre les impayés de loyers et de charges accompagne ce
dispositif afin de le rendre définitivement attractif.
Le fonctionnement de l'avantage fiscal
Dans le neuf, le bailleur peut amortir, c'est-à-dire, imputer
sur les revenus de la location une partie du prix de revient du
bien. En d'autres termes, pendant une période déterminée,
une fraction du prix de revient de l'immeuble vient, au moment
de la déclaration des impôts, en déduction
des revenus fonciers du bailleur. Le déficit qui en résulte
entraîne mécaniquement une diminution des impôts
puisque l'assiette imposable est réduite. En l'occurrence,
la somme que le bailleur est autorisé à déduire
est égale à 8 % du prix du bien pendant les 5 premières
années. Les 4 années suivantes, cette part est de
2,5 %. Enfin, à l'issue de cette période de 9 ans,
l'amortissement peut être renouvelé pendant 2 périodes
de 3 ans, à raison de 2,5 % par an, soit donc à
nouveau 15 % du prix d'acquisition. Au bout du compte, en 15 ans,
65 % du prix de revient du bien peuvent ainsi être déduits
des revenus fonciers. Signalons qu'en même temps, la
déduction forfaitaire sur les loyers est réduite
de 14 % à 6 %. Toutefois, au terme de la période
d'amortissement, le taux de 14 % s'applique à nouveau,
sauf à s'engager dans le dispositif Besson prévu
pour l'ancien.
Dans l'ancien, l'avantage Besson consiste en un régime
de déduction forfaitaire majorée sur les revenus
fonciers. Ce taux est égal à 25 % au lieu de 14
% dans le cas général.
Les conditions de prix de la location et de revenus du locataire
Dans le neuf et dans l'ancien, le bailleur doit s'engager à
louer son bien pour une durée minimale. Dans le neuf, l'engagement
est de 9 ans. Dans l'ancien il est de 6 ans.
Les loyers quant
à eux ne doivent pas dépasser les limites ci-dessous
:
|
Plafonds
de loyers :
|
| Secteurs |
Loyer
maximum |
| Paris
et communes limitrophes (*) |
76
F/m2 |
| Ile-de-France |
66
F/m2 |
| Agglomérations
de plus de 100 000 habitants (**) |
51
F/m2 |
| Ailleurs |
46
F/m2 |
(*) Aubervilliers,
Bagnolet,
Boulogne-Billancourt, Charenton-le-Pont, Clichy, Fontenay-sous-Bois,
Gentilly,
Issy-les-Moulineaux, Ivry-sur-Seine,
Joinville-le-Pont, Le Kremlin-Bicêtre, Les Lilas, Le Pré-Saint-Gervais,
Levallois-Perret, Malakoff, Montreuil, Montrouge, Neuilly-sur-Seine,
Nogent-sur-Marne, Pantin, Puteaux,
Saint-Cloud, Saint-Denis, Saint-Mandé,
Saint-Maurice, Saint-Ouen, Suresnes,
Vanves et Vincennes.
(**) Les agglomérations sont déterminées
par le Schéma Directeur de l'Aménagement
de l'Urbanisme.
Plafonds de ressources des locataires
Les ressources des locataires (figurant sur les avis d'imposition
N-2 par rapport au jour de la location) dans le neuf et dans l'ancien
ne doivent pas être supérieures aux limites ci-après.
(Le bailleur continue de bénéficier du dispositif,
même en cas de dépassement des
limites en cours de bail).
Securisation du bailleur
La sécurisation est gratuite pour le bailleur, quel que
soit le statut professionnel de son locataire, pourvu simplement,
qu'un organisme collecteur du 1% logement soit associé
à la signature du bail. Dans le neuf comme dans l'ancien,
les bailleurs peuvent percevoir directement l'allocation logement
dont bénéficie éventuellement le locataire,
sans avoir besoin de l'accord du locataire. En outre, une garantie
de loyers impayés s'applique pendant 9 mois en cas de chômage
du locataire. Cette garantie est de 3 ans si le bailleur autorise
l'organisme collecteur du 1 % logement à présenter
un salarié d'une entreprise cotisant au 1%. Dans ce cas,
la garantie fonctionne dès que le locataire subit une baisse
imprévisible des
revenus (supérieure à 30 %, non limité au
seul cas de chômage).
Un exemple permet
de saisir tout l'attrait de ce dispositif :
Soit l'acquisition d'un appartement de 50 m2 au Kremlin-Bicêtre
au prix de :
700 000 F, loué au prix de 3750 F par mois (75 F par m2).
Loyers annuel = 3750 x 12 = 45 000 F
Déduction forfaitaire sur les loyers
= 45 000 F x 6 % = 2700
Intérêt
d'emprunt déductibles
= 45 000 F
Amortissement Besson
= 700 000 F x 8 % = 56 000 F
pendant les 5 premières années
Amortissement Besson
= 700 000 F x 2,5 % = 17 500 F
pendant les 4 premières suivantes
Pour un contribuable
imposé à 43%, l'économie d'impôt est
égale à :
45 000 F (de revenus locatifs)
- 2 700 F (déduction forfaitaire)
+ 45 000 F (intérêts d'emprunt déductible)
+ 56 000 F (amortissement BESSON)
= - 58 700 F de déficit foncier.
Il en résulte
:
58 700 F x 43% =
25 241 F
par an pendant les 5 premières années
20 200 F x 43% = 86 86 F
par an pour 4 les années suivantes.
Au total, l'économie
d'impôts est de 160 949 F sur 9 ans et 213 065 F sur 15 ans.
LOI MALRAUX
Le dispositif Malraux
donne la possibilité aux propriétaires d'immeubles
anciens, entièrement restaurés et donnés
en location, de déduire de leur revenu global le déficit
foncier résultant des travaux et restauration réalisés.
Sont concernées les personnes physiques ou les associés
d'une société non soumise à l'impôt
sur les sociétés.
Cependant, les immeubles
loués doivent être situés dans une zone de
protection du patrimoine architectural urbain et paysagé
ou dans un secteur sauvegardé publié. Si le secteur
sauvegardé n'est pas publié, une déclaration
d'utilité publique prescrivant les travaux de restauration
est nécessaire. En outre, l'opération doit porter
sur la restauration complète d'un immeuble bâti à
l'initiative des propriétaires ou d'une collectivité
publique. Le logement doit être loué dans les 12
mois suivant la fin des travaux. Il doit s'agir de la résidence
principale du locataire pendant au moins 6 ans. Si le logement
est détenu par le biais d'une société non
soumise à l'impôt sur les sociétés,
la société doit s'engager à le louer 6 ans
et l'associé doit s'engager à conserver les parts
de la société pendant la même durée
de 6 ans.
Les dépenses
de travaux de réparation, d'entretien et d'amélioration
et les dépenses de travaux de démolition et de modification
prescrits sur le plan de sauvegarde sont déductibles des
revenus fonciers. Les intérêts d'emprunt pour leur
part, sont imputables pendant 10 ans sur les autres revenus fonciers.
Quant aux déficits fonciers, ils sont imputables sans plafonnement,
sur le revenu global. L'avantage fiscal est donc proportionnel
au taux marginal d'imposition. Enfin, signalons que le déficit
est pris en compte pour le plafonnement de l'ISF.
MONUMENTS HISTORIQUES
Les propriétaires
donnant en location :
des immeubles classés
Monument Historique ou inscrit à l'inventaire supplémentaire
ou si cette condition n'est pas remplie, à condition que
l'immeuble fasse partie du patrimoine national en raison de son
caractère historique ou artistique et ait fait l'objet
d'un agrément spécial accordé par le Ministère
de l'Économie ou par le Directeur Régional des Impôts,
peuvent déduire de leur revenu global le déficit
foncier résultant des travaux de restauration et des intérêts
d'emprunt.
Dans ce cadre, les dépenses
de travaux de réparation, d'entretien et d'amélioration
pour les logements ainsi que les dépenses de travaux de
démolition et de modification prescrits en secteur sauvegardé
sont déductibles des revenus fonciers. Toutefois, les déficits
fonciers dans ce cas s'imputent sans plafond sur le revenu global,
y compris les intérêts d'emprunt. Il en résulte
un gain fiscal proportionnel au taux marginal d'imposition. Dans
ce cas, comme dans le précédent, le déficit
est pris en compte pour le plafonnement de l'ISF.
L'investissement dans les DOM TOM
Depuis le 1er janvier
2001 et
jusqu'au 31 décembre 2006, la Loi PAUL a remplacé
la loi PONS qui
instituait un régime favorable de
défiscalisation en faveur des investis-sements en Martinique,
Guadeloupe, Réunion, Guyane, Mayotte, Saint-Pierre et Miquelon
et Nouvelle-Calédonie. Sont concernés les contribuables,
personnes physiques, ayant en France métropolitaine ou
dans les DOM leur domicile fiscal qui réalisent des investissements
ou souscrivent des parts de SCPI dans le secteur du logement.
S'agissant de la construction ou de l'acquisition d'immeubles
neufs, la réduction d'impôt s'applique aux constructions
ou acquisitions d'immeubles neufs que le contribuable s'engage
à affecter à la location non meublée pendant
au moins 5 ou 6 ans (dans le secteur intermédiaire) à
un locataire qui y fixe sa résidence principale.
La base de la réduction
d'impôt est constituée par le prix de revient ou
d'acquisition du logement ou par le prix de souscription des parts
ou actions. S'agissant de constructions à usage locatif,
il n'existe pas de limite quant au nombre et au montant des investissements
réalisés.
La réduction
d'impôt est répartie sur 5 ans. Chaque année,
la base de la réduction d'impôt est égale
à 20 % des sommes effectivement payées au 31 décembre
de l'année au cours de laquelle le droit à la réduction
d'impôt est né, c'est-à-dire l'année
d'achèvement des travaux de construction (ou d'acquisition
si la date est postérieure), ou encore l'année de
souscription des parts.
Cette réduction
d'impôts est portée à 40 % pour les investissements
réalisés dans le secteur du logement intermédiaire.
Dans ce cas, le contribuable doit louer nu l'immeuble dans les
6 mois de son achèvement pendant au minimum 6 ans, le logement
doit être la résidence principale du locataire ;
le contribuable qui a souscrit des parts ou titres doit les conserver
pendant au moins 6 ans à compter de la date d'achèvement
du logement et enfin les ressources du locataire et du loyer ne
doivent pas excéder certains plafonds.
Important : cette
réduction d'impôt ne peut pas se cumuler avec l'amortissement
Besson ou l'imputation d'un déficit foncier sur le revenu
global.
Residences de loisirS
et recuperation de la TVA
S'il fallait promouvoir
le système de réduction d'impôts mis en place
jusqu'au 31 décembre 2002 par le gouvernement en faveur
de l'investissement locatif dans les résidences de tourisme
situées dans les zones de revitalisations rurales, nous
tiendrions, peu ou prou, le langage suivant. D'abord, nous vous
demanderions si vous être prêt à vous constituer
un patrimoine immobilier de loisir tout en " économisant
" immédiatement 20,6% de votre investissement (9,50
% dans les Dom-Tom) sous forme de récupération de
TVA.
Si toutefois cet argument n'était pas suffisant pour vous
convaincre, nous ajouterions qu'un couple marié qui opte
pour ce type d'investissement est également susceptible
de bénéficier d'une économie d'impôt
pouvant aller jusqu'à 90 000 F. Si alors votre réponse
est positive, nous vous indiquerions que l'acquisition d'une résidence
de tourisme en France vous conviendrait idéalement car
les contraintes inhérentes à ce type d'investissement
sont vraiment réduites. Vous devrez en effet seulement
accepter de vous engager à louer ce bien pendant 9 ans
au minimum.
En contrepartie, vous pourrez, si vous le souhaitez, profiter
de plusieurs semaines de séjours dans votre logement ou
percevoir des recettes locatives dont le montant peut être
contractuellement garanti. Enfin, au terme de la période
de 9 ans précitée, vous serez libre de disposer
de cette résidence. Vous pourrez la relouer, la revendre,
la conserver pour vous-même ou encore, la transmettre à
vos héritiers.
Une residence de tourisme qu'est-ce que c'est ?
Une résidence
de tourisme, c'est un complexe immobilier où sont inclus
des services et des équipements équivalents à
ceux d'un hôtel, à savoir notamment l'accueil, le
petit déjeuner, le nettoyage et la fourniture de linge.
C'est à cette condition que l'investissement entre dans
le cadre des activités fiscalement soumises à la
TVA ce qui offre à l'investisseur, la possibilité
de récupérer la TVA de 20,6 % qui pèse sur
l'acquisition des logements neufs. Mais attention, seules les
résidences situées dans des zones territoriales
dites de revitalisation rurale, très précisément
définies, qui respectent des normes de surface minimale
(entre 9 et 21 m2 pour deux personnes) et ayant reçu un
agrément du ministère du Tourisme, permettent de
bénéficier des dispositions en cause. L'énoncé
fastidieux mais indispensable des différentes régions
françaises concernées figure dans l'annexe au décret
n° 96-119 du 14 février 1996 publiée ci-après.
Bon a savoir :
le dispositif que nous évoquons ne concerne pas le littoral
et les grandes stations de montagne, mais plutôt les régions
où existe un potentiel de développement du tourisme
vert. (Pyrénées, Lozère, Lot, Alpes-de-Haute-Provence,
la Corse, etc.).
Une garantie de recettes de location ou une liberte d'occupation
de plusieurs semaines par an
Une résidence
de loisirs fonctionne selon les modalités suivantes. En
choisissant ce type d'acquisition, l'investisseur devient propriétaire
d'un logement neuf (ou d'un logement ancien reconstruit, le permis
de construire faisant foi) dont la gestion locative est confiée
à une société chargée de l'exploitation
de la résidence. Ce tour de passe-passe est indispensable
car les dispositions relatives aux investissements dans les résidences
de tourisme situées dans les zone de revitalisation rurale
ne permettent de bénéficier d'une réduction
d'impôt, qu'à condition que le logement soit destiné
à la location nue. De fait, le montage consiste pour l'acquéreur
à louer son bien à une société d'exploitation
qui elle-même le sous-louera meublé.
La gestion de la résidence de tourisme s'exerce dans le
cadre d'un bail commercial de neuf ans qui comporte, pour la société
gestionnaire, l'obligation de mettre au moins 20 % des capacités
d'hébergement de la résidence à la disposition
de touristes étrangers. Cependant, le propriétaire
dispose d'un droit d'occupation ou d'une réserve de jouissance
(correspondant à un avantage en nature imposable) qui est
au minimum de quatre semaines mais qui ne peut pas dépasser
8 semaines. Au-delà de ce délai, la location risquerait
de ne plus entrer dans le champ d'application de la TVA ce qui
entraîne comme conséquence, l'impossibilité
de récupérer celle ayant grevé la construction
et la remise en cause de la réduction d'impôt offerte
par le fisc pour ce type d'investissement (voir ci-après).
Bon a savoir :
pour occuper son logement, le propriétaire doit payer un
prix au moins égal à 75 % du prix public. Toutefois,
cette réduction de 25 % est sans incidence sur le revenu
foncier qui doit être déclaré et qui doit
correspondre à l'intégralité du loyer normalement
dû par l'exploitant de la résidence.
A ce stade, il convient
d'être particulièrement circonspect à l'égard
des engagements pris par les sociétés gestionnaires
en terme de reversements de recettes locatives. Ainsi, lorsque
le propriétaire n'occupe pas sa résidence de tourisme,
la société gestionnaire peut s'engager à
lui reverser les recettes locatives perçues pendant la
période ou il n'a pas occupé les lieux. Généralement,
le rendement proposé par contrat oscille entre 5 à
7 % TTC par an, après que le gestionnaire se soit rémunéré
et ait payé les charges de copropriétés.
Des incitations sous forme d'economies d'impot
L'investissement en
résidence de Tourisme permet de bénéficier
d'importantes réductions d'impôt.
Pour les investissements
effectués en 1999 et 2000, cette économie est de
15 % du montant de l'investissement
plafonné à 250.000 Francs pour une personne célibataire,
soit une réduction d'impôt de 37.500 F, et à
500.000 F pour un couple marié, ce qui correspond à
une réduction d'impôt 75.000 F.
Pour les investissements
effectués à partir du 1er janvier 2001, les plafonds
sont portés à 300.000, soit une réduction
d'impôt de 45.000 F et 600.000 Francs pour un couple, soit
une réduction d'impôt de 90.000 F. Cette réduction
est étalée sur 4 ans au plus, à raison du
quart de l'avantage maximal chaque année.
Bon a savoir :
pour les logements anciens reconstruits, la réduction d'impôt
s'applique de la même manière que pour les logements
neufs, mais elle ne s'élève qu'à 10% du montant
de l'investissement (étant entendu que les travaux de reconstruction
ouvrent droit aux avantages fiscaux liés aux travaux de
grosses réparations ou d'amélioration.
LA RECUPERATION DE LA TVA
En offrant une location
dans une résidence de tourisme, le propriétaire
propose à ses locataires une prestation de service assujettie
à la TVA. En contrepartie, il peut déduire la TVA
ayant grevé son acquisition et réaliser immédiatement
une économie substantielle. Elle est de 19,6% du montant
de l'investissement lorsque celui-ci est réalisé
en France métropolitaine et de 9,50 % dans les Dom-Tom.
Reste finalement à savoir, au-delà du plaisir qu'un
propriétaire peut retirer d'un tel investissement, si la
formule présente les atouts d'un véritable jackpot
financier… Il importe en effet de souligner qu'en cas de
revente avant l'expiration des 9 ans, le propriétaire doit
rembourser au fisc la TVA récupérée à
l'achat, déduction faite de celle perçue sur les
loyers depuis la signature du contrat de gestion. Il faudra donc
attendre 9 ans pour vérifier qu'aucune difficulté
n'apparaîtra lors de la vente en sachant que le nouvel acquéreur
ne bénéficiera pas des avantages fiscaux que nous
venons d'évoquer.
Pour achever ce tour
d'horizon des différents régimes de défiscalisation,
il convient de faire un détour par le régime fiscal
applicable au bénéfices industriels et commerciaux,
qui sont le fait des bailleurs qui louent leurs logements en meublé.
Les revenus fonciers imposes au titre des BIC
Dès lors qu'un
bailleur signe avec son locataire un contrat de location meublée,
le revenu de cette location n'est plus fiscalement considéré
comme un revenu foncier. Il s'agit d'un bénéfice
industriel et commercial soumis à un régime particulier
d'imposition variable selon que le bailleur est considéré
comme un loueur professionnel ou non professionnel.
Pour être considéré
comme loueur professionnel, le propriétaire doit être
inscrit au registre du commerce, ce qui suppose qu'il loue au
moins deux logements meublés et qu'il soit commerçant
au sens du droit commercial. D'autre part, les recettes annuelles
tirées de l'activité de meublé doivent être
supérieures à 150 000 F (taxes comprises) ou doivent
représenter, au moins, 50 % de ses revenus.
L'imposition dans ce
cas, porte sur le bénéfice net du loueur qui est
égal à la différence entre le total des gains
bruts de l'année précédant l'imposition et
le total des charges supportées par le bailleur au cours
de la même période.
Lorsque la différence entre les revenus du meublé
et les charges est négative, le loueur professionnel peut
déduire ce déficit de ses autres revenus. Le bénéfice
est imposable soit selon le régime des micro-entreprises,
soit celui du bénéfice réel, réel
simplifié ou réel normal.
L'imposition des revenus des locations meublees
Lorsque les recettes
imposables ne dépassent pas 500 000 F par an, le régime
des micro-entreprises, qui est le régime du droit commun
pour les loueurs en meublé, s'applique. Les bailleurs ne
payent pas la TVA, soit parce qu'ils bénéficient
de la franchise, soit parce qu'ils en sont exonérés.
De même, ils n'ont pas à remplir de déclaration
de résultat spécifique. Ils indiquent directement
sur leur déclaration de revenu N° 2042 le montant du
chiffre d'affaires annuel ainsi que les plus ou moins-values réalisées
au cours de l'exercice. Un état mentionnant les éléments
nécessaires aux services fiscaux doit être joint
à la déclaration des revenus. Le régime réel
simplifié s'applique aux loueurs dont les recettes annuelles
imposables sont comprises entre
500 000 F et 5 000 000 F. Le réel simplifié peut
toutefois s'appliquer sur option pour le loueur qui aurait pu
être imposé au régime micro-entreprise. Quant
au régime du bénéfice réel normal,
il est obligatoire lorsque les
recettes annuelles sont supérieures à
5 000 000 F et optionnel pour le loueur imposable au réel
simplifié.
L'imposition des loueurs non professionnels
Le loueur non professionnel
est le bailleur qui loue en meublé mais qui ne remplit
pas les conditions fixées par la réglementation
pour être considéré comme loueur professionnel.
Son bénéfice imposable est déterminé
de la même façon qu'un loueur professionnel. Toutefois,
ses déficits ne sont pas imputables sur son revenu global
et ne sont déductibles que des bénéfices
retirés d'autres activités BIC non professionnelles
au cours de la même année ou des 5 années
suivantes.
D'autre part, les régimes
d'imposition sont les mêmes que ceux prévus pour
un loueur professionnel. Toutefois, pour calculer le bénéfice
net du loueur non professionnel, l'administration fiscale applique
un abattement forfaitaire de 70%. Ce régime s'applique
de plein droit, mais les contribuables peuvent opter, en écrivant
au service des impôts, soit pour le régime micro-entreprise,
soit pour le régime réel, simplifié ou normal.
L'imputation des deficits des locations meublees
Lorsqu'un loueur non
professionnel soumis au régime du bénéfice
réel subit un déficit, il ne peut en principe l'imputer
uniquement sur les revenus de ses autres activités imposées
au titre des bénéfices industriels et commerciaux
non professionnels, et ce, pendant les cinq années qui
suivent leur réalisation. Le régime des micro-entreprises
quant à lui, ne permet pas de constater un déficit.
Quant aux loueurs professionnels, ils ont la possibilité
d'imputer les déficits des meublés sur le revenu
global, à condition que ces déficits ne proviennent
pas d'amortissements exclus des charges déductibles.
|
Composition
familiale Ile-de-France Regions
|
| Personne
seule |
116 430 F 97 200 F |
| Couple
marié |
191
350 F 148 830 F |
| Personne
seule ou couple marié |
229
830 F 178 190 F |
| Avec
deux personnes à charge |
274
370 F 215 650 F |
| Avec
trois personnes à charge |
325
000 F 253 110 F |
| Avec
quatre personnes à charge |
365
490 F 285 510 F |
Majoration
à partir
de la cinquième personne |
+
41 510 F + 32 400 F |
La declaration simplifiee des revenus fonciers
Les contribuables dont
le revenu foncier brut ne dépasse pas 60 000 F peuvent
bénéficier d'un régime de déclaration
de revenus fonciers très simplifié. Ils peuvent
opter pour un abattement de 40% correspondant aux charges déductibles.
A la demande du contribuable, ce régime renouvelable tacitement,
s'applique pour 3 ans. Lorsque le seuil de 60 000 F est dépassé
ou lorsque le contribuable devient propriétaire d'un immeuble
exclu du dispositif, l'option cesse immédiatement de produire
effet. Le bailleur peut renoncer à l'option avant la fin
de la période de trois ans en cas de changement de locataire.
La renonciation devant intervenir à compter de l'imposition
des revenus au cours de laquelle le départ du locataire
est intervenu. Elle est notifiée à l'administration
en même temps que la déclaration des revenus de cette
même année.
Ce régime de
déclaration simplifiée ne s'applique qu'en cas de
location vide et à condition que le bailleur ne bénéficie
par ailleurs d'aucune mesure d'incitation fiscale à l'investissement
et à la location. Ainsi, les revenus fonciers provenant
des monuments historiques, des immeubles en nue-propriété
donnés en location, des immeubles bénéficiant
des dispositions de la loi Malraux, de ceux bénéficiant
des déductions applicables en zone franche urbaine, et
ceux bénéficiant des mesures fiscales en faveur
de l'investissement locatif de type dispositif Besson ne peuvent
donner lieu à cette déclaration simplifiée.
D'ailleurs, ces revenus ne sont pas les seuls à ne pas
pouvoir bénéficier de certaines faveurs fiscales.
Il en est aussi de même pour les revenus provenant des locations
meublées.
Le meuble et les
taxes
Les locations meublées,
notamment les appartements, villas, chambres, meublés à
usage d'habitation et loués par des particuliers, ainsi
que les gîtes ruraux loués par des agriculteurs ou
collectivités locales et les logements loués à
titre onéreux par les employeurs à leur personnel,
ne sont pas assujettis à la TVA.
Dans les autres cas, le bailleur doit acquitter une TVA de 5,5
% sur le prix de la location meublée, mais il peut en principe
l'inclure dans le montant du loyer. Lorsque le loyer total perçu
pendant l'année n'excède pas 175.000 F (hors taxes)
une franchise de TVA s'applique et aucune déclaration à
ce titre ne doit être faite.
Le meuble et la taxe
fonciere
Lorsque des logements
neufs sont loués en meublé, l'exonération
temporaire de taxe foncière de deux ans qui s'applique
aux constructions neuves est supprimée. Toutefois, cette
exonération est maintenue pour le loueur en meublé
lorsqu'il loue une ou plusieurs pièces de son habitation
personnelle.
Le meuble et la taxe
d'habitation
Lorsque le meublé
est occupé de manière permanente et exclusive par
le locataire ou sous-locataire, l'occupant est imposable à
la taxe d'habitation. Lorsque le logement constitue en tout ou
partie l'habitation personnelle du propriétaire et celle
du locataire, c'est le propriétaire qui paye la taxe d'habitation
s'il occupe personnellement le logement à titre de résidence
principale ou secondaire dans l'intervalle des locations ou si
le logement loué meublé fait partie de son habitation
personnelle.
Le meuble et la taxe
professionnelle
Les loueurs en meublé
sont normalement assujettis à la taxe professionnelle.
En sont toutefois exonérés les propriétaires
qui louent occasionnellement une partie de leur habitation personnelle,
lorsque cette location ne présente aucun caractère
périodique ainsi que les personnes qui louent ou sous-louent
en meublé une ou plusieurs pièces de leur habitation
principale, sous réserve que les pièces louées
constituent pour le locataire ou le sous-locataire en meublé
sa résidence principale, et que le prix de location demeure
fixé dans les limites raisonnables.
Signalons que les personnes qui louent tout ou partie de leur
habitation personnelle à titre de gîte rural, à
condition que le gîte soit classé gîte de France
et ne constitue pas l'habitation principale ou secondaire du locataire
et celles qui louent en meublé des locaux classés
appartements et chambres meublés loués à
la semaine dans la limite de douze semaines, à l'occasion
des vacances lorsque ces locaux sont compris dans leur habitation
personnelle peuvent bénéficier d'une exonération
au titre d'une délibération des collectivités
territoriales.
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